Hypnose Classique ou Ericksonienne

Si vous avez un peu navigué sur mon site vous aurez constaté que maitre-praticien et enseignant en hypnose Ericksonienne je suis également certifié par la NGH plus connue dans le domaine de l’hypnose classique. Certains y voient une contradiction, de multiples écoles, de multiples forums aujourd’hui, semblent considérer que l’hypnose classique n’a plus de raison d’être, et que seule l’hypnose Ericksonienne devrait être utilisée dans le domaine de la thérapie.

Peut-être que l’hypnose de spectacle et sa médiatisation actuelle participent à la mauvaise image que peut porter l’hypnose classique et pourtant…

Rappelons nous que ce fameux Milton Erickson a passé de nombreuses années de sa vie à utiliser l’hypnose classique ou  directe.

Sortons de l’image d’épinal d’un doux génie totalement permissif dans son coin. Milton Erickson était d’abord un vrai scientifique, un vrai chercheur (en témoigne la richesse de ses écrits). Il pouvait être très directif: dans ses ordalies ou prescriptions de tâches, mais également dans certaines inductions. Bien sûr le Milton modèle c’est lui, mais Milton Erickson ne se réduit pas à ce mode particulier de langage.

A mon sens peut-être le coté Ericksonien ne se situe-t’il pas exactement où nous le mettons. Rappelons-nous les propos d’Erickson affirmant à un de ses élèves qui lui demandait comment réussir: « Ne faites pas du Erickson, faites de vous-même, soyez vous même ! »

Pour ma part je crois que l’originalité de l’hypnose Ericksonienne ne se situe pas dans le type d’induction employé et, au risque d’en faire bondir plus d’un, je crois que nous pouvons rester Ericksonien tout en employant parfois des inductions rapides et en utilisant l’hypnose classique.

Erickson nous a appris l’ouverture, l’adaptabilité à notre sujet, la notion d’utilisation. Il nous a également appris à sortir de notre confort et à enrichir notre pratique thérapeutique de tout ce qui est utile à notre sujet. Erickson utilisait la lévitation du bras et on l’apprend dans certaines écoles comme une technique Ericksonienne alors même que c’est une technique issue de l’hypnose classique ou directe.

Rappelons nous que le rôle du thérapeute n’est pas d’être gentil avec son patient, il est de lui faire atteindre l’objectif fixé de la manière la plus écologique pour lui et dans le respect de sa « carte du monde ». L’hypnothérapie n’est pas nécessairement confortable, ce n’est pas nécessairement de la relaxation. Parfois l’hypnose directe sera plus adéquate, elle pourra permettre d’atteindre plus rapidement des niveaux de transe plus profonds.

Mon propos n’est pas de dire qu’il faut nécessairement induire des transes profondes: nous pouvons faire beaucoup en hypnose conversationnelle ou en transe légère. Mais il est certains domaines dans lesquels il est nécessaire d’induire des transes plus profondes.

N’oublions pas par ailleurs que la démocratisation de l’hypnose de spectacle induit chez les personnes qui viennent nous rencontrer une vision et une attente particulière vis à vis de l’hypnose. Parfois une lévitation ou catalepsie de bras ou du corps sera une bonne technique pour induire le rapport qui va permettre ensuite le travail thérapeutique.

Ce qui a fait l’originalité et qui me semble être l’essence du travail de Milton Erickson,  c’est sa manière d’être avec les patients, sa capacité à établir un rapport et à se synchroniser, la position basse du thérapeute, sa capacité à innover, à s’adapter pour les aider à atteindre leurs objectifs thérapeutiques (souvent de manière inconsciente). Sa « marque de fabrique » si je peux employer ces termes se trouve plus dans sa vision stratégique et utilisationnelle de la thérapie que dans un type d’induction particulier.

Je crois donc qu’il n’existe aucune contradiction entre l’hypnose classique et l’hypnose Ericksonienne, elle sont toutes les deux au service de notre client et seront utilisées en fonction du sujet, de son objectif et des buts de la séance.