Le thérapeute est-il un irresponsable?

Position basse et responsabilité du thérapeute

Lorsqu’en thérapie les termes « position basse » sont utilisés il s’agit de signifier que le thérapeute ne dispose pas des solutions pour son client. Le thérapeute dans certaines circonstances peut être directif, et c’est même parfois nécessaire afin de bien accompagner la personne, en revanche il ne dispose d’aucune solution pour le client, c’est ce dernier qui dispose de ses propres ressources et solutions.

Pourtant ce positionnement caractéristique des thérapies brèves est parfois mis en avant pour décharger le thérapeute de ses responsabilités: « c’est le client qui travaille, c’est à lui de trouver les solutions et la manière d’y parvenir… » Et ainsi on pense exonérer le thérapeute de toute responsabilité dans l’échec d’un thérapie.

Or s’il n’appartient pas au thérapeute d’apporter la solution il n’est pas exempt de penser, d’organiser et de mettre en œuvre la stratégie d’intervention. Bien sûr qu’une personne qui vient comme « visiteur » sans aucune volonté de changement aura du mal à obtenir son objectif. Encore qu’en thérapie stratégique on apprend à transformer un visiteur en client.

Mais si le thérapeute n’est pas responsable de l’investissement de son client il a au moins une obligation de moyen. C’est-à-dire qu’il est nécessaire qu’il étudie sérieusement la situation de ses patients afin de leur proposer le chemin le plus rapide pour atteindre de manière durable ses objectifs. Il se doit de mettre en œuvre des solutions adaptées et personnalisées, de faire du « sur mesure » et non du prêt à porter.

Le thérapeute n’est pas responsable de la réussite de son intervention car le travail a été réalisé par le client en revanche il ne peut se dédouaner à trop bon compte de l’organisation qui permet ou non d’obtenir se résultat. Et il peut arriver que nous nous trouvions à court de pistes d’intervention. Dans quel cas il est important que nous en parlions en supervision et peut être que nous réorientions notre client vers un collègue qui aura un autre regard et peut être une stratégie différente. Ce sera un réel enrichissement pour la personne accompagnée.

Ce n’est pas un échec, c’est un apprentissage nouveau qui nous permettra d’être plus performant par la suite. Et celui-ci ne peut se faire qu’à condition que nous acceptions la part qui nous revient dans le travail thérapeutique.

Thierry Cabrita